samedi 14 juillet 2007

Sans commentaire 4

"Voilà cinquante ans que le mot de Freud sur l'enfant "pervers polymorphe" traîne partout; et voilà des siècles qu'Aristote a mis l'accent sur l'extrême lascivité des enfants impubères ou à peine pubères. Néanmoins, dans un couple enfant-aîné, c'est toujours l'aîné qui aux yeux de la société fait figure de séducteur et l'enfant de "victime". Or, n'importe quelle personne qui aime les gosses peut témoigner qu'ils draguent ferme ou (ce qui revient au même) excellent dans l'art de se faire draguer. J'ai dragué beaucoup de moins de seize ans, mais beaucoup de moins de seize ans m'ont dragué. Tout récemment encore (j'avais déjà commencé d'écrire ce livre) je me suis fait aborder rue Gay-Lussac, à Paris, par un mômichon d'une douzaine d'années qui avait peut-être envie que je lui paye le ciné, mais qui avait surtout envie d'autre chose. Il y a des gosses qui sont très sages, c'est exact, mais il y a aussi des gosses qui sont très putes."
Matzneff, Les Moins de seize ans, p. 39.

Sans commentaire?
Euh, finalement, si.
1) Polac se serait-il inspiré de Matzneff pour composer certains passages de son impérissable Journal?
2) On remarquera que l'argument pour légitimer la pédophilie (certains gosses seraient consentants) est le même utilisé pour la prostitution et, d'une manière générale, pour la violence insidieuse, à partir du moment où il s'agit d'établir la distinction entre contrainte/violence et consentement/différence/liberté. Les tenants du réglementarisme en matière de prostitution utiliserait-il, au niveau du raisonnement, la même perversité que les apologètes de la pédophilie?

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